Travailler avec les clôtures lexicales
dans Powershell (1/2)

Certaines procédures inscrites au cœur de la création d'un jeu vidéo suggèrent souvent l'utilisation de langages de script. Qu'il s'agisse d'aménager un processus de compilation ou plus simplement de générer des Assets, ces langages apparaissent définitivement utiles.

Dans cette perspective, une approche intéressante (que d'aucuns qualifieront peut-être de marginale) consiste à se tourner vers Powershell, une solution développée et éditée par Microsoft. Construit par dessus l'écosystème .net, Powershell repose sur une bibliothèque riche en fonctionnalités. Il est bien entendu laissé à l'appréciation du développeur de le substituer à d'autres outils plus conventionnels tels que Node.Js ou Python.

Généralement comprise dans la boite à outils du développeur, la clôture lexicale (ou en anglais : function closure) est une technique à tonalité fonctionnelle souvent impliquée dans des pratiques de programmation originales. Transposer cette technique vers Powershell n'est cependant pas trivial et va demander une certaine gymnastique pour y parvenir. Une projection simple consiste à imaginer le code Javascript suivant:

/* Javascript */
const $foo = (($bar) => ($bar = 23, () => ++$bar))();
$foo(); // retourne «24»
$foo(); // retourne «25»

Dans l'exemple ci-dessus, la variable $bar est persistante mais confinée à sa clôture. Isolée du reste du code, elle offre au programmeur une manière sécuritaire de travailler avec les valeurs. Le cadre d'utilisation de la variable est délimité par un point d'entrée et un point de sortie, il s'agit d'une portée dite lexicale. Une tentative spontanée mais erronée de transposer vers Powershell pourrait s'imaginer de la façon suivante:

<# Powershell #>
$foo = & { [ref]$bar = 23; Return { (++$bar.Value) } }
& $foo # erreur
& $foo # erreur

Ici, les appels successifs à $foo (via & $foo) aboutissent sur une levée d'exception. Ce comportement est naturel pour Powershell qui procède de manière à propager l'environnement seul sur la pile d'appels. On parle alors de portée dynamique. En effet, la variable $bar, qui est déclarée dans une portée anonyme, n'est pas distribuée à l'environnement de l'appelant au moment de solliciter $foo. Une façon intuitive de représenter ce principe est illustrée dans le code ci-dessous:

<# Powershell et portée dynamique de variable #>
$foo = { ('«',$bar,'»' -join '') | Out-Host }
& { $bar = 'Hello'; & $foo } # «Hello»
& { $bar = 'World'; & $foo } # «World»

Cette manière de composer, sans doute peu ordinaire, offre des perspectives intéressantes lors d'un développement. Point d'ancrage utile qui permet de se diriger, à l'occasion du prochain billet, vers une mise en œuvre concrète de la clôture au sein du langage.